Zoom sur le Kendo – Interview

La double interview

Pour rappel : deux Kendoka et amis ont eu la gentillesse de se plier au jeu des questions/réponses pour vous éclairer sur la pratique du Kendo. Vous pourrez ainsi avoir deux points du vue différents. Pour éviter qu’une foule de fans transit se presse a leur rencontre nous avons préservé leur identité à l’aide de pseudo totalement crédibles et élégants !

[Ceci est la suite de l’article traitant de la Japan Natsu, si tu ne l’as pas lu : RDV ICI]

Comment as-tu découvert le Kendo ?

La rate en Hakama > Lorsque j’étais jeune ado je cherchais une discipline (plus qu’un sport) qui se rapprochait des samurai, que ce soit au niveau du code de conduite, du maniement du sabre ou de l’histoire.
Je suis naturellement tombée sur le Kendo lors de mes recherches mais ne me suis lancée que bien plus tard.

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Le sanglier de Cornouaille > Tout est parti d’une maladie de Hodgkin contractée fin 2006, et pour laquelle j’ai dû subir plusieurs mois de chimiothérapie et de radiothérapie. À ces promenades fréquentes en secteur oncologie, sont venues s’ajouter les décès accidentels de deux amis proches en peu de temps. Bref, au moment de ma rémission tout début 2008, j’ai pris un peu de temps pour réfléchir sur ma vie, et j’ai constaté que j’étais en train de passer à côté. Il fallait que je fasse quelque chose rapidement, quelque chose d’exigeant, d’inattendu… sans savoir quoi précisément… j’avais besoin de me sentir vivant. Et un matin de janvier 2008, je me suis surpris à taper « arts martiaux Toulouse » dans google, en sachant sur le moment que je cherchais un art martial japonais, et si possible avec un sabre (inspiration mangas / films / jeux video…). J’ai atterri à Voies des Hommes deux jours plus tard, sans avoir jamais vu de vidéo de kendo.

Quel est ton parcours dans la discipline ?

La rate en hakama > Au bout de quelques minutes à une séance d’essai, je savais que jeProcessed with VSCO with b1 preset

venais de trouver exactement ce qu’il me fallait. Je n’ai que 3 ans de pratique et un premier dan pour le moment mais je pratique assidûment.

Le sanglier de Cornouaille > Je suis arrivé dans un dojo naissant (le dojo avait alors 1 an et quelques mois), dans lequel mes senpais et moi étions sensiblement au même niveau. Il a donc fallu que je redouble d’assiduité aux entraînements et aux stages pour progresser au départ. J’ai obtenu mon premier dan en 2012 (le tout premier dan de kendo made in Voies des Hommes), et mon deuxième en 2013. Après mon deuxième dan, j’ai dû ralentir suite à une prise de responsabilités au travail, qui m’obligeait souvent à travailler de nuit, et à la naissance de mon premier enfant. J’étais alors sur un rythme d’un à deux entraînements par semaine, plus les stages. J’ai dû ralentir une deuxième fois en 2015 suite à la naissance de mon deuxième enfant et à la multiplication des voyages sur Paris pour le travail. J’essayais de rester à un entrainement par semaine. Je m’y suis remis plein pot en juillet 2017, et j’ai obtenu mon troisième dan en janvier 2018. Je projette maintenant de passer le Certificat Fédéral d’Enseignant Bénévole cette année ou l’an prochain.

Quel sont les apports du kendo par rapport à d’autres sports ?

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La rate en hakama > Le Kendo est un art martial, et non un sport en tant que tel ; et en cela les apports sont multiples. D’un côté, sur le plan physique, il apprend l’investissement, le dépassement de soi. La pratique du Kendo étant très ingrate au départ, il apprend aussi une forme de dévotion et de discipline qui impacte la pratique par la suite et toute la vie en général. Sur un plan plus « spirituel », le respect à l’autre est très présent, la responsabilité également.
Le Kendo force à la sincérité et au don plein et consenti de soi. Cela permet de gagner en assurance et de dépasser ses propres barrières. D’ailleurs, en Kendo, on parle des « Quatre maux » à surpasser : la peur, l’hésitation, le doute et la surprise. Le parallèle se fait aisément avec la vie de tous les jours… Bien entendu, il apporte également de façon non-négligeable mais indirecte de l’information vis-à-vis de l’histoire et de la culture japonaise.

Le sanglier de Cornouaille > Le kendo a pour moi plusieurs attraits : 

– un bagage culturel très riche, que l’on retrouve à chaque instant à travers l’étiquette omniprésente ; étiquette qui permet d’avoir une harmonie de groupe qui favorise une ambiance propice au travail,

– le côté spirituel : il ne faut à aucun perdre de vue que le shinai est un sabre (symboliquement parlant). Donc même s’il est peu probable que l’on se blesse réellement, il faut parvenir à avoir  à l’esprit ce rapport à la mort à travers le sabre : sa propre mort ou au contraire la possibilité de vivre, en s’engageant corps et âme dans une attaque décisive. 

– le travail avec le partenaire. Il faut bien sûr travailler sa propre technique, mais sans jamais oublier que l’on travaille aussi avec et pour la personne que l’on a en face. En un sens, il faut accepter de tout donner, de la meilleure manière dont on est capable, pour progresser et faire travailler l’autre.   

– le fait de pouvoir le pratiquer ad vitam æternam. La technique prend une telle part dans les hauts grades qu’un vieux sensei, quelque soit son age, est capable de mettre en échec un jeune en parfaite condition physique. En kendo, il n’y a pas de retraite programmée passé un certain âge.

– la mixité hommes-femmes, jeunes-vieux, grands-petits… en kendo, on pratique avec tout le monde et on doit s’adapter à la personne en face avec ses forces et ses faiblesses.

– le partage d’expérience : les kendoka qui s’accrochent et qui arrivent sur les hauts grades ont en général un caractère bien trempé, des vies et des expériences très riches, et savent en général les partager et en faire profiter les débutants curieux. 

-… (je pourrais continuer pendant des heures)

Le kendo demande assiduité, rigueur, discipline, humilité, sens de l’écoute, et une remise en question permanente si l’on veut progresser. C’est une voie sans fin. 

A-t-il eut des incidences dans ta vie personnelle ?

La rate en hakama > Oui, largement. Je pourrais dire sans hésitation que le Kendo a changé ma vie. Je voyage beaucoup plus pour des stages un peu partout, je noue des liens très forts avec

Processed with VSCO with b1 presetdes gens que je ne vois parfois qu’une fois par an, mon hygiène de vie a également bien
changé pour « être au niveau » de mes aînés.
Je suis également beaucoup plus sereine, moins stressée, face à des situations du quotidien. Je gère mieux les prises de bec au boulot, par exemple. J’y ai gagné en contrôle
de soi : sur le corps et sur l’esprit. Et bien d’autres choses encore que je ne peux pas quantifier.

Le sanglier de Cornouaille > Au travail, le kendo aide bien pour la gestion du stress et de l’adversité , surtout auprès des anciens qui essaient d’utiliser l’intimidation pour se faire entendre. D’une part parce que les entraînements permettent déjà d’évacuer une partie du stress (on crie, on frappe du pied, on se vide physiquement et mentalement), mais également parce qu’après plusieurs années de pratique, les situations qui étaient stressantes par le passé ne le sont plus : on a déjà connu pire au kendo ! Autre incidence : le kendo permet de se rapprocher de gens qui sont habités, qui tiennent bon dans la discipline, qui en bavent avec nous sur les entraînements et les stages. Ça crée des liens ; tant et si bien qu’après 10 ans je considère le kendo comme une seconde famille. 

La pratique du kendo repose sur la relation Senpai/Kohai, en quoi est-elle importante ? Comment tu la caractérisais ?

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La rate en hakama > Le Senpai est là pour guider le plus jeune (Kohai) sur la voie qui lui correspond. Il fait un peu office de « grand frère ». L’un et l’autre s’apportent mutuellement des choses diverses, le but à terme est de tirer tout le monde vers le haut.

Le sanglier de Cornouaille > Les senpai sont des kohai qui ont tenu bon, et qui ont traversé plus ou moins les mêmes épreuves. En tant que senpai, on se doit d’être exemplaire à la fois sur l’étiquette, qui permet déjà d’acquérir le bon état d’esprit pour travailler et progresser dans la pratique, mais également sur les aspects techniques. En tant que senpai, on doit être ferme et juste, et savoir également se remettre en question sur la manière dont on montre la voie. Le but est de faire progresser les kohais pour faire progresser l’ensemble du groupe, et aussi de les remettre à flot en cas de coup de mou. En tant que kohai, on se doit d’être attentif, curieux, et de systématiquement chercher à challenger son senpai pour lui permettre également de progresser. C’est une relation bilatérale basée sur la confiance, qui demande un investissement personnel important de part et d’autre. 

Quelque chose a ajouter ??

La rate en hakama > Oui, venez essayer le Kendo ! Peu importe la raison, vous y gagnerez toujours quelque chose.

Le sanglier de Cornouaille > Oui, plein. On peut parler de l’étiquette, de l’histoire, des techniques, des autres disciplines du sabre, de la vie du dojo…Mais ça risque d’être un peu long.

Le plus simple reste de venir voir pour se faire une idée !

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Merci à nos deux kendokas préférés d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et à sensei de m’avoir laissé prendre quelques photos lors de cette séance.

Les liens !

Le dojo « Voies des hommes » – besoin d’autres infos ? N’hésites pas à nous envoyer un message !

 

Connaissais-tu le Kendo ? Ont-ils réussi a te donner envie d’essayer?

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Bisous

Une réflexion sur “Zoom sur le Kendo – Interview

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